Philippe JAENADA — La serpe (Julliard)

 

Philippe JAENEDA — La serpe (Julliard)
Lien site éditeur : http://www.julliard.fr/site/la_serpe_&100&9782260029397.html

Un extrait :

« Grâce à Internet, le meilleur ami du passé, j’ai retrouvé la trace de Jean Pillard – sa photo, même : il a l’air d’un bon gars – sur le site de l’ordre de la Libération, où sont répertoriés avec lui mille-trente-sept autres compagnons (ça ne fait pas tant que ça, sur quarante millions de Français à l’époque – et encore, les mille-trente-septième et mille-trente-huitième sont Winston Churchill et Georges VI). Si Marie-Louise n’a plus de nouvelles de lui depuis juin, c’est qu’il n’est plus en Syrie. Il a d’abord été appelé pour son service militaire, juste après le périple yougoslave à bord de la Lasalle défaillante, et envoyé au sud de Damas, à Soueïda (où bombes et cadavres ont repris possession du terrain ces temps-ci, avec l’appui conjoint de Bachar el-Assad et d’Al-Qaïda – ou de Poutine, de Daesh, tout le monde est bienvenu), au moment de la déclaration de guerre. Le 27 juin 1940, après la capitulation, il est passé seul en Palestine, « devenant ainsi la des premières alliés à la France libre ». Les cartes de Marie-Louise sont arrivées dans le vide. Ensuite, il a combattu en Libye, il a été blessé par des éclats d’obus en 1942 à Bir-Hakeim, a participé à la bataille d’El-Alamein,en Égypte, aux opérations de Tunisie et d’Italie, aux combats de Toulon à la fin du mois d’août 1944, puis, ayant remonté le Rhône, à ceux des Vosges et d’Alsace en janvier 1945. Après la guerre, il a été nommé adjoint puis chef de province en Indochine, chef de région au Cameroun (tout cela est toujours très, très loin), a ensuite effectué des missions en Algérie et en Côte d’Ivoire, avant de revenir en métropole pour diriger le bureau des Monuments historiques au ministère de la Culture (ça repose), jusqu’en 1965, puis d’intégrer en fin de parcours le groupe Sicli – les extincteurs, entre autres. Après avoir reçu à peu près toutes les croix et médailles possibles, le copain d’Henri au lycée Buffon est mort en août 1989 à Fontenay lès Briis, dans l’Essonne. Internet, qui a ses lacunes, ne dis pas si, entre Soueïda et Fontenay lès Briis, Jean a l’occasion de revoir la belle et chaste Marie-Louise, qui s’inquiétait tant de son silence en mars 1941. »

Philippe Jaenada, La serpe, éditions Julliard, août 2017 (page 66).

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