Fabien CLOUETTE – Le bal des ardents (L’Ogre)

clouette(Un livre présenté par Guénaël Boutouillet dans le cadre de Rentrez !

Une sélection – présentation subjective de livres de la rentrée littéraire 2016, dans des médiathèques des Pays de la Loire)

Fabien CLOUETTE – Le bal des ardents (L’Ogre)

Date de parution : 15 sept 2016

Présentation sur le site de l’éditeur

Un extrait :

« Et puis ils étaient retournés et avaient passé la nuit sur le pont-promenade, puis dans le chaud des cabines balayées par le froid au large pas si large que ça.
Au retour, s’enfermer, aller manger et se perdre dans les cuisines. Faire l’amour, dos collé sur les bacs à glace. Il mord et voudrait mordre partout, ce qui fait pétale, ce qui fait blanc ; il mord pour répondre aux nudités, aux oiseaux sauvages et aux globes perdus, les fonds nébuleux, les caramels et les saillants. D’image’ troubles encore au fond, se laisse emporter, nage et respire, mais mord. Couper les têtes et les bras pour des descentes plus bas, faire tomber. Et tomber avec, laisser les joues reprendre leur forme, lentement pendant une heure d’apnée sur les draps immobiles, les cartons de boissons. Des fractions, des aveuglements, des souffles — comme si on avait mangé les lits des petits ruisseaux, mais que rien n’était renversé. Qu’on n’avait rien fait tomber, rien cassé, rien mordu. En suspension. Et que les paysages reviendraient à eux-mêmes mais plus tard, quand on aurait le temps. C’est presque dormir, mais nager. Et qu’aux courses, on verrait les vitesses s’éloigner vers la ligne là-bas, tandis que nous, nous sommes tombés, retombés, pieds par terre comme s’ils avaient toujours été par terre et qu’on n’avait pas du tout participé. Que les courses sans casque, c’est pas notre truc. Et même marcher, comme si la course continuait, mais que notre truc, c’était une promenade sur les granulés et les sables fins, les pierres enrobées. On marche sans pourtant bouger les jambes et on est allongé, mais on s’adosse. Au mur il y a des photos de Losange avec les cousines de Losange. Et l’un des visages de la princesse. Toutes les jeunes filles qui sont le corps de la princesse, éternellement jeune. La fille doit avoir trente-cinq, trente-sept ans maintenant ; la photo est un peu ancienne. On dirait les affiches, les coiffures de toujours. Elle est en fait un peu plus âgée que Losange. Si ça se trouve elle n’est plus corps de la princesse aujourd’hui. Mais elles ont de bonnes retraites, paraît-il. »

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